4 avenue Hoche | 75008 Paris

00 33 1 75 43 62 62

Réduction mammaire

La réduction mammaire est une chirurgie des seins, qui consiste à réduire le volume et la forme d’une hypertrophie mammaire (sein trop volumineux), qui peut revêtir un caractère invalidant au quotidien pour la patiente. Les buts sont de créer un sein moins volumineux et esthétiquement satisfaisant.

Qu’est-ce que la réduction mammaire ?

La réduction mammaire est une intervention chirurgicale qui permet de réduire l’hypertrophie mammaire, c’est-a dire les seins trop volumineux. La réduction mammaire retire à la fois la peau et la glande mammaire en excès.
Cette intervention chirurgicale n’est prise en charge par la sécurité sociale que lorsque le chirurgien enlève plus de 300 grammes par sein.
L’intervention peut apporter un vrai bénéfice fonctionnel sur les douleurs du dos ou du cou, ainsi qu’une reprise d’activités sportives.

Dans le cas contraire, la réduction mammaire devient une intervention de chirurgie esthétique, on parle de ptose mammaire, et l’intervention n’est prise en charge ni par la sécurité sociale, ni par la mutuelle.

Aspect d’une hypertrophie mammaire

hypertrophie mammaire
L’hypertrophie mammaire associé plusieurs problèmes :

  • un excès de poids du sein, qui est trop lourd pour la patiente
  • un affaissement des seins (ptose mammaire)
  • souvent un certain degré d’asymétrie.

L’intervention consiste à :

  • réduire le volume des seins
  • remettre l’aréole et le mamelon en bonne position
  • recréer une forme arrondie du sein , en concentrant et en remontant la glande et en retirant la peau excédentaire afin d’obtenir deux seins harmonieux, joliment galbés et ascensionnés.
  • La réduction mammaire permet également de corriger une éventuelle asymétrie mammaire.

Les techniques chirurgicales

Les principes communs à toutes les techniques de réduction mammaire

1ere étape : Dessin préopératoire

dessin reduction mammaire avant intervention

Le dessin est réalisé avant l’intervention sur une patiente debout et réveillée.
Les branches verticales du dessin délimitent la partie restante du sein. Elles sont dessinées en réalisant des manœuvres qui simulent le volume restant après réduction mammaire. La patiente donne alors son opinion quant au volume final souhaité.
S’il existe une asymétrie entre les seins, on peut la corriger en faisant des dessins différents sur chaque sein

2eme étape : Repositionnement de l’aréole au sommet du sein remodelé

remontée de l'aréole lors de la reduction mammaire

La peau autour de l’aréole est retirée, et un lambeau porte-mamelon vascularisant l’aréole permet de la mobiliser pour la positionner à la bonne hauteur.

3eme étape : ablation de l’excès de peau et de glande

cicatrice reduction mammaire

La partie de glande mammaire en excès est retiré avec la peau en regard, en monobloc. Une fois cet excès retiré, les piliers glandulaires externe et interne sont suturés entre eux.
Le sein a alors une forme ronde, avec un volume réduit.

On procède de la même façon pour les deux seins.

 Les différentes techniques selon l’importance de l’hypertrophie mammaire

Il existe une multitude de techniques opératoires. Les techniques chirurgicales de l’hypertrophie mammaire s’adaptent à la morphologie du sein. Il n’y a donc pas une technique unique stéréotypée, mais des techniques qui diffèrent selon l’aspect préopératoire du sein entraînant des cicatrices verticales ou en T inversée.

Choisir un chirurgien spécialiste en réduction mammaire

Les spécialistes en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique sont spécialisés en chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il faut avant de réaliser cette intervention s’assurer que votre chirurgien est bien un chirurgien plasticien inscrit à ce titre au Conseil de l’Ordre des Médecins. Il est également important de s’assurer de sa compétence en chirurgie du sein et notamment de sa compétence en réduction mammaire.

Comment est la cicatrice de réduction mammaire ?

On distingue 2 types de cicatrices pour la réduction mammaire : la cicatrice en T inversé, et la cicatrice verticale. Le choix entre ces 2 cicatrices est fonction de l’importance du relâchement de la peau. Le T sera nécessaire dans les cas d’hypertrophie mammaire importante.
Dans tous les cas ces cicatrices sont associées à une cicatrice autour de l’aréole.

Comme toutes les cicatrices, elles sont définitives et indélébiles. Leur aspect peut être rouge et visible pendant plusieurs mois. Totalement imprévisible, leur aspect définitif ne doit pas être jugé avant 1 an. Elles doivent être protégées du soleil pendant 1 an environ.

La cicatrice en T inversé décrit l’aspect suivant :

cicatrice en T pour réduction mammaire

  • une cicatrice circulaire autour de l’aréole, constante
  • une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l’aréole et le sillon sous-mammaire
  • une cicatrice horizontale dans le sillon sous-mammaire (cicatrice en T inversé). C’est cette cicatrice horizontale qui peut être réduite ou même évitée si la morphologie du sein et l’élasticité de la peau le permettent, réalisant une technique à cicatrice Verticale.

 La cicatrice verticale :

cicatrice verticale pour reduction mammaire

Elle associe :

  • une cicatrice circulaire autour de l’aréole, constante
  • une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l’aréole et le sillon sous-mammaire

Quel est le résultat d’une réduction mammaire réussie ?

Le résultat est immédiat, et la réduction mammaire est une intervention qui a un très haut taux de satisfaction chez les patientes opérées.
Cependant, il faut distinguer les résultats à court terme et à long terme.

Aspect du sein dans les 2 premiers mois après l’opération

Le premier mois après réduction mammaire, le sein doit être très bombé en haut, et assez plat en dessous, avec une cicatrice verticale qui n’excède pas 5 cm de longueur.
L’aréole doit regarder en avant, voire légèrement vers le bas.
Cet aspect peut surprendre, mais il est essentiel, car dans le 2ème mois, le sein va se dérouler.

Dans la technique verticale, cet aspect est encore plus marqué avec un sein écrasé à sa partie inférieure les 2 premiers mois, et d’allure excessivement bombé en haut.

Le déroulement naturel du sein dans les 3 premiers mois après l’opération, va entraîner une diminution du bombement du sein, un allongement de la cicatrice verticale, avec la prise d’une forme convexe naturelle et harmonieuse du pôle inférieur du sein. L’aréole prend alors sa place, en regardant très légèrement vers le haut pour un aspect naturel.

Les échecs de réduction mammaire

Si ces règles techniques de la réduction mammaire ne sont pas respectées, on aboutit à un résultat inesthétique: des seins vides en haut, avec tout le volume en bas, et une aréole trop haute qui regarde le ciel !
Cet aspect est le fait d’erreurs techniques, telles qu’un dessin préopératoire approximatif ou une cicatrice verticale qui mesurait bien plus de 5 cm en postopératoire immédiat.

Le résultat définitif de l’intervention

Le résultat définitif de la réduction mammaire ne s’observe pas avant 6 mois quant au volume et à la forme des seins.
Le sein continue ensuite à évoluer au cours des années.
Il faut attendre au moins 12 mois pour juger de l’aspect définitif des cicatrices.

L’intervention apporte un vrai bénéfice fonctionnel sur les douleurs du dos ou du cou, ainsi qu’une reprise d’activités sportives jusque là difficiles ou impossibles.

Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l’intervention.

Déroulement pratique de la réduction mammaire

Une fiche pratique résume l’ensemble du déroulement de la réduction mammaire.

Quel est le type d’anesthésie utilisée ?

L’anesthésie est classiquement une anesthésie générale.

Seules des retouches de la réduction mammaire peuvent être réalisées sous anesthésie locale.

Que se passe-t-il avant l’intervention ?

  • 2 consultations de chirurgie plastique espacées de minimum 15 jours sont obligatoires avant la réduction mammaire , au cours desquelles sont toujours réalisées des photographies médicales.
  • Une mammographie pré-opératoire est systématique chez les femmes de plus de 35 ans ou ayant des facteurs de risque de cancer du sein.
  • Un soutien gorge de sport sans armature, et s’ouvrant par devant, est prescrit.
  • Un arrêt de travail vous sera prescrit pour une durée de 15 à 21 jours.
  • Les consignes médicales systématiques avant réduction mammaire, les plus importantes sont les suivantes :
    • Arrêt strict du tabac 2 mois avant la réduction mammaire , pour réduire le risque de nécrose cutanée.
    • Arrêt de la prise d’aspirine, d’anti-inflammatoires, ou d’anti-coagulants oraux dans les 15 jours qui précèdent l’intervention , pour réduire le risque hémorragique.
    • Arrêt de la contraception orale 1 mois avant l’intervention, pour diminuer le risque thrombo-embolique.
    • Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible ainsi qu’un allaitement, mais on conseille d’attendre au moins six mois après l’intervention.
    • Le risque de survenue d’un cancer n’est pas augmenté par cette intervention.

Quelles sont les suites opératoires habituelles de l’intervention ?

  • Un système de drainage aspiratif est habituellement mis en place pour réduire les risques d’hématome. Il est généralement conservé de 1 à 3 jours selon sa production. Le drainage n’empêche pas le retour à domicile, si le chirurgien considère qu’il est possible.
  • Le pansement est retiré 24 à 48 heures après l’intervention. Un pansement léger sera réalisé et vous devrez porter le soutien-gorge sans armature prescrit avant l’intervention. Il devra être porté nuit et jour pendant 2 mois.
  • L’hospitalisation dure entre 1 et 3 jours en moyenne. Il est recommandé qu’une personne accompagne votre retour à domicile.
  • Les fils sont résorbables, donc aucun fil n’est retiré.
  • La première douche est autorisée le lendemain de l’ablation des drains.
  • De façon classique et habituelle, il existe pendant les premières semaines post-opératoires :
    • un œdème (gonflement) des seins. D’importance variable, il peut être asymétrique. Il s’estompe dans les premières semaines, et peut parfois persister un mois ou plus.
    • des ecchymoses (« bleus ») des seins, souvent asymétriques. Elles persistent pendant quelques semaines, et au moins 15 à 21 jours.
    • une sensation de tension des seins. Elle s’estompe en quelques semaines
    • Parfois des douleurs, qui sont bien soulagées par les traitements antalgiques simples. Une gène à l’élévation des bras est très souvent observée.
  • La réduction mammaire peut entraîner une diminution de la sensibilité des aréoles, qui peut parfois être définitive.
  • La surveillance des seins par mammographie dans le cadre du dépistage systématique du cancer du sein n’est pas ou peu perturbée par la réduction mammaire . Il est conseillé de pratiquer une mammographie de référence quelques mois après l’intervention.
  • La période d’arrêt de travail est de 15 jours environ.
  • La période d’arrêt des activités sportives est de 2 mois environ.
  • Éviter les grossesses dans les 2 ans qui suivent l’intervention pour éviter de détériorer le résultat esthétique de l’intervention. Quant à l’allaitement, il reste souvent possible après la réduction mammaire , mais cela n’est ni garanti, ni conseillé.

Une prise en charge de l’intervention est-elle possible ?

Oui, la réduction mammaire est prise en charge de façon systématique, en cas d’hypertrophie mammaire, c’est-a-dire, des lors que plus de 300 grammes de glande par sein sont retirés. La prise en.charge est donc partiellement assurée par la sécurité sociale, plus ou moins complétée par votre mutuelle. Pour en savoir plus sur les prix de la réduction mammaire.

Quels sont les risques?

Les complications de la réduction mammaire sont heureusement très rares.

Complications générales

Il s’agit des risques liés à l’anesthésie générale, des accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire), des hématomes, des infections exceptionnelles.

Complications spécifiques à la réduction mammaire

  • La nécrose des aréoles peut être totale ou partielle. Elle est nettement favorisée par le tabagisme, qui altère durablement la circulation capillaire du sang, ainsi que par l’obésité. Elle entraîne habituellement des cicatrices larges.
  • La nécrose partielle de la glande et de la graisse mammaire (cytostéatonécrose) se traduit par un nodule induré, qui peut parfois entraîner une reprise chirurgicale. Exceptionnellement, il peut s’agir de nécrose étendue de la glande mammaire, qui nécessite des soins prolongés
  • Modifications de la sensibilité : à type d’engourdissement, d’insensibilité, ou de sensations « bizarres » des aréoles et des mamelons, ces modifications sont fréquentes et disparaissent habituellement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas). Elles peuvent néanmoins être définitives.
  • Les cicatrices peuvent être larges ou hypertrophiques (en relief), de façon imprévisible. Elles peuvent parfois nécessiter une retouche chirurgicale lorsqu’elles sont larges et/ou des injections de corticoïdes lorsqu’elles sont hypertrophiques.
  • Les « oreilles » cicatricielles situées a chaque extrémité des cicatrices horizontales peuvent aussi nécessiter une retouche chirurgicale plusieurs mois après la réduction mammaire .
  • Une désunion (lâchage) précoce des cicatrices, rare, peut nécessiter une ré-intervention chirurgicale.
  • La paralysie du membre supérieur par élongation du plexus brachial est exceptionnelle.

Articles liés

    No Related Post

Poser votre question

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

8 Commentaires

  • Fatima
    13 octobre 2016

    Bonjour, j’ai eu une forte poitrine et depuis l’accouchement de mon troisième enfant elle a encore augmenté. Je souffre énormément .
    J’ai des douleurs au niveau du dos et du cou, je souffre quand je dors car elle pèse trop. Je suis arrivée à un tel point que je me couvre toujours pour qu’on la voit pas car j’ai honte de ma poitrine.
    Je voudrais que vous m’aidiez car je souhaite faire une réduction mammaire mais j’ai peur. Je voudrais savoir si après l’accouchement on peut faire une demande de réduction mammaire car je souffre beaucoup au cotidien.

    • Dr. Yohann DERHY
      13 octobre 2016

      Bonjour, la réduction mammaire est une intervention fréquente qui peut s’envisager entre 4 et 6 mois après la fin de l’allaitement. C’est une intervention courante qui donne de très bons résultats, si l’on respecte des principes techniques clés. Cordialement,

  • Sandrine
    29 mai 2016

    Bonjour,
    Je souhaite savoir connaître les conditions pour la prise en charge de l’intervention par la sécurité sociale? En effet j’ai des problèmes de dos et on m’a conseillé de faire cette intervention.

    Cordialement

    • Dr. Yohann DERHY
      20 juin 2016

      Bonjour, pour prise en charge par la sécurité sociale, la réduction mammaire doit retirer plus de 300 grammes de glande mammaire par sein. En cas d’hypertrophie mammaire importante, la chirurgie peut être la solution pour soulager votre dos. Cordialement,

  • Nalay
    20 avril 2016

    Bonjour, je voudrais savoir à partir de quel âge peut-on subir cette intervention chirurgicale?

    Merci bien.

    • Dr. Yohann DERHY
      20 avril 2016

      Bonjour, la réduction mammaire peut s’effectuer dès la fin de la croissance. Généralement à partir de 17 ans, l’intervention est possible pour les hypertrophies majeures. Cordialement,

  • nouna
    3 décembre 2015

    Est ce qu on on peut faire la réduction mammaire sous anesthésie locale

    • Dr. Yohann DERHY
      12 décembre 2015

      Bonjour, la réduction mammaire est une intervention couramment pratiquée et très bien maîtrisée. Cependant une anesthésie locale serait trop légère. Il faut donc pratiquer cette intervention sous anesthésie générale. Cordialement