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Validation scientifique du lipofilling mammaire

Le lipofilling mammaire ou injection de graisse dans le sein, est enfin autorisé pour l’augmentation mammaire en chirurgie esthétique par la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique et confirmé par la Haute Autorité de Santé.Explications sur la validation scientifique de cette technique prometteuse.

L’augmentation mammaire par injection de graisse ou lipofilling mammaire est très probablement une révolution en chirurgie esthétique. Depuis novembre 2011, la réunion plénière de la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique a enfin donné sa position définitive sur le lipofilling du sein à visée esthétique. Cet avis a été confirmé en janvier 2015, et s’étend à toutes les femmes quel que soit l’âge.

Validation du lipofilling mammaire par la Haute Autorité de Santé en janvier 2015

Résultats et conclusion du rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) – janvier 2015

Extrait du rapport de la HAS, intitulé Évaluation de la sécurité et des conditions de réalisation de l’autogreffe de tissu adipeux dans la chirurgie reconstructrice, réparatrice et esthétique du sein.

« Actuellement, l’analyse de la littérature ne permet pas de conclure formellement sur la sécurité de l’acte d’autogreffe de tissu adipeux dans le sein (complications et sécurité oncologique), quelle que soit l’indication concernée (chirurgie esthétique, réparatrice ou reconstructrice, avec ou sans antécédent de cancer du sein), en raison du peu d’études identifiées (n=4), de leur niveau de preuve intermédiaire (études prospectives non comparatives non randomisées avec un suivi des patientes court) et de leur hétérogénéité.

Il peut toutefois être noté que les taux de complications immédiates rapportés sont relativement faibles (0 % à 4 % des interventions) et que l’apparition de modifications radiologiques est plutôt fréquente, comme après toute chirurgie mammaire (jusqu’à 40 % des interventions). Aucune des études identifiées ne met en évidence de risque oncologique suite à la réalisation de cet acte.

La position du groupe de travail consulté lors de cette évaluation est que l’autogreffe de tissu adipeux dans le sein est un acte efficace, simple et qui entraîne peu de risque de complications. L’absence de données pertinentes sur la sécurité oncologique de cet acte est cependant reconnue, ce qui a conduit le groupe de travail à proposer un encadrement spécifique de cette technique, en accord avec les recommandations existantes. Des préconisations ont ainsi été émises sur plusieurs points dont les contre-indications à la technique, le contenu des bilans pré et postopératoire, la qualification des professionnels de santé impliqués, le lieu de l’intervention, la protocolisation de la technique, ainsi que les fiches d’information destinées aux patientes »

« En conclusion, prenant en considération la diffusion en pratique clinique de la technique de l’autogreffe de tissu adipeux et l’absence de signal négatif sur les aspects de sécurité de cet acte, la HAS considère, sous réserve du respect des modalités de recours à cette technique, des conditions de réalisation proposées par les membres du groupe de travail et de la mise en œuvre d’un suivi des patientes opérées, que l’autogreffe de tissu adipeux constitue une modalité chirurgicale possible dans la chirurgie réparatrice, reconstructrice et esthétique du sein, en dehors de la symétrisation du sein controlatéral au décours d’une chirurgie carcinologique mammaire. »

 

Rappel sur l’évolution des données scientifiques depuis 2011

Lipofilling mammaire en France : acceptation de la technique sous certaines conditions en 2011

Cette technique également dénommée scientifiquement lipostructure du sein ou lipomodelage mammaire, est une intervention bien connue en chirurgie reconstructrice et esthétique, pour combler des dépressions ou recréer des volumes insuffisants au niveau de l’ensemble du corps.

En reconstruction mammaire, le lipofilling a constitué une avancée considérable, qui nous a rapidement donné l’idée de le développer en chirurgie esthétique. Mais près de 30 années ont été nécessaires pour mettre au point la technique, l’analyser et juger de sa sécurité.

En effet, une longue polémique a interdit ces injections dans le sein, du fait de la suspicion d’augmentation du risque de cancer du sein.

  • En 1987, nos collègues américains interdisaient l’injection de graisse  dans un but esthétique.
  • Depuis 2009, l’injection de graisse pour l’augmentation mammaire est autorisée par la très sérieuse American Society of Plastic surgery.
  • En France, la prudence aura été plus longue, puisque ce n’est qu’en novembre 2011, que cette procédure est autorisée par la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE). Cependant, fidèle à notre rigueur scientifique française, nous avons décidé en France de définir des critères spécifiques de patientes potentiellement candidate à cette intervention (voir plus bas).

Pour en savoir plus :icone-pdf-reduite  Validation du Société Française de Chirurgie Plastique

En 2011, les sociétés savantes de chirurgie plastique Française comme Américaine, considéraient que le risque d’augmentation du cancer du sein par injection de graisse était négligeable, et de fait, autorisait officiellement la pratique de cette intervention.

En revanche, il faut bien comprendre que l’injection de graisse n’empêchera pas un cancer du sein de se développer, s’il devait apparaitre.

Nous savons que le cancer du sein est le premier cancer chez la femme, et en tant que médecin, nous devons prendre le maximum de précaution pour réduire le risque de survenue d’un cancer du sein chez une patiente ayant bénéficié d’un lipofilling.

Ce croisement malheureux, pourrait créer un sentiment de culpabilité important chez la patiente. Pour éviter ces coïncidences, la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE) a défini des critères pour qu’une femme soit candidate à cette intervention. Ces critères correspondent aux cas de faible risque de coïncidence avec un cancer du sein :

  • femme de moins de 35 ans
  • pas d’antécédent personnel ou familial de cancer du sein
  • bilan radiologique préopératoire (échographie et mammographie) normal (ACR1 ou ACR2)

A partir de 2015, le lipofilling mammaire peut être réalisé quelque soit l’age de la patiente

L’age n’est plus un critère restrictif, dans les conclusions du rapport de la Haute Autorité de Santé.
En revanche, le suivi et le bilan radiologique avant et après l’intervention restent vivement recommandés.

Une implication importante de votre chirurgien dans le lipofilling du sein

Il faut savoir que la SOFCPRE recommande que ses membres participent à ce recueil national en lui déclarant chaque cas de transfert de graisse dans le sein. Chaque déclaration informatique anonymisée fait l’objet d’un accusé de réception immédiat.

En tant que « membre actif » de la SOFCPRE, je participe à ce recueil dans le but d’améliorer notre connaissance sur les potentialités de la graisse dans le sein.

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2 Commentaires

  • ophélie
    6 janvier 2016

    Bonjour, voila j’ai subit un lipofilling en mai 2015 ( après 3 opération avec des prothèse mamaire, le chirurgien que j’ai vu ma conseillé de retiré mes prothèse et de faire le lipofilling ) du coup en mai 2015 c’est se qu’il c’est passé 6 mois après le resultat apparait et toute la graisse injecté a disparut, j’ai une prochaine opération qui est prevu la semaine prochaine mais je suis rétisente j’ai peur car j’ai beaucoup entendu que cette opération amené par la suite le cancer des seins donc j’ai peur j’ai deux enfants que j’éleve seule .
    Ma question : pensez vous que je peu me permettre apres 4 intervention de refaire une lipofilling ou d’arreté la ? Merci d’avance

    • Dr. Yohann DERHY
      9 janvier 2016

      Bonjour Madame, il est avéré que le lipofilling mammaire n’augmente pas le risque de cancer du sein et peut être pratiqué chez les femmes sans risque à condition que votre bilan radiologique du sein soit parfaitement normal, et que vous n’ayez pas d’ascendant au premier degré ayant fait un cancer du sein. La Haute Autorité de Santé autorise alors ce traitement. Cordialement,